<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>fleuve Archives &#8902; Trarza Tour</title>
	<atom:link href="https://trarza-tour.com/tag/fleuve/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://trarza-tour.com/tag/fleuve/</link>
	<description>Voyager en Mauritanie</description>
	<lastBuildDate>Mon, 21 Sep 2026 11:23:30 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.2</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/trarza-tour.com/wp-content/uploads/2026/02/favicon-bleusurfondblanc.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>fleuve Archives &#8902; Trarza Tour</title>
	<link>https://trarza-tour.com/tag/fleuve/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">254758537</site>	<item>
		<title>Le fleuve Sénégal</title>
		<link>https://trarza-tour.com/le-fleuve-senegal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:33:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Territoire]]></category>
		<category><![CDATA[Bafoulabé]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[Fouta-Djalon]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Hivernage]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanien]]></category>
		<category><![CDATA[mauritano-sénégalais]]></category>
		<category><![CDATA[Sahélien]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1486</guid>

					<description><![CDATA[<p>La frontière vivante du sud mauritanien Un fleuve né dans les montagnes de Guinée La Chemama : la plaine nourricière de la Mauritanie Un climat sahélien, marqué par l&#8217;hivernage La saison sèche (octobre à juin) L&#8217;hivernage (juillet à septembre) Un fleuve, un peuple, une mémoire Le fleuve, vu du voyageur</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/le-fleuve-senegal/">Le fleuve Sénégal</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La frontière vivante du sud mauritanien</em></p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-cce229a53d1f premium-text"><p class="premium-text-wrap"><em>Au sud, la Mauritanie change de visage. Le sable cède la place aux terres limoneuses, les caravanes laissent passer les pirogues, et les acacias se mêlent aux cultures. La frontière y est tracée par un long ruban d&rsquo;eau venu des montagnes de Guinée : le fleuve Sénégal, unique cours d&rsquo;eau permanent du pays, et véritable colonne vertébrale d&rsquo;une troisième Mauritanie, sahélienne, agricole et profondément métissée.</em></p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un fleuve né dans les montagnes de Guinée</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-be0f7fb763ef premium-text"><p class="premium-text-wrap">Long d&rsquo;environ 1 750 à 1 800 kilomètres, le fleuve Sénégal est le deuxième cours d&rsquo;eau d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest après le Niger. Il prend sa source en Guinée, dans le massif du Fouta-Djalon, à 750 mètres d&rsquo;altitude. Né de la confluence du Bafing (« la rivière noire ») et du Bakoye, il se forme officiellement à Bafoulabé, au Mali, avant d&rsquo;entamer sa longue course vers l&rsquo;ouest et de se jeter dans l&rsquo;océan Atlantique à Saint-Louis du Sénégal.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-faf79359deb6 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Sur la totalité de son parcours mauritano-sénégalais, c&rsquo;est-à-dire de Bakel jusqu&rsquo;à l&rsquo;océan, le fleuve sert de frontière naturelle entre les deux pays. Il traverse également de petits bassins versants secondaires sur sa rive droite, tels que le Karakoro et le Gorgol, qui drainent une partie du sud mauritanien.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">La Chemama : la plaine nourricière de la Mauritanie</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-fe7ce4a5d45a premium-text"><p class="premium-text-wrap">Sur sa rive mauritanienne, le fleuve dessine une plaine alluviale étroite mais essentielle : la Chemama. Large de 10 à 25 kilomètres seulement, elle constitue, à l&rsquo;exception des oasis, la seule grande zone agricole du pays. Chaque année, la crue du fleuve (comparable, à plus modeste échelle, à celle du Nil) y dépose des limons fertiles qui font la richesse des cultures de décrue : riz, sorgho, maïs, niébé, oignons, tomates, hibiscus, pastèques…</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-983c3e5bdff2 premium-text"><p class="premium-text-wrap">C&rsquo;est dans cette mince bande de terre que se concentre l&rsquo;essentiel de la population rurale du sud, dans une mosaïque de villages où se côtoient les communautés du fleuve (peules, soninkées, wolofs) et les communautés hassanophones. Les villes principales y égrènent leur chapelet le long du fleuve : Rosso, capitale économique du sud et grand point de passage vers le Sénégal ; Boghé ; Kaédi, important centre administratif et marchand ; Sélibaby, plus à l&rsquo;est, dans la région du Guidimakha.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un climat sahélien, marqué par l&rsquo;hivernage</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-20962fb3a270 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La vallée du fleuve quitte le climat strictement désertique pour entrer dans le domaine sahélien. La chaleur reste forte une grande partie de l&rsquo;année, mais le rythme des saisons est ici beaucoup plus marqué qu&rsquo;au nord.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size">La saison sèche (octobre à juin)</h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-5703bfbe5a98 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Pendant la majeure partie de l&rsquo;année, l&rsquo;air est sec et la chaleur s&rsquo;installe. La période d&rsquo;octobre à février reste relativement clémente, avec des températures diurnes confortables. Mais à partir de mars, et surtout d&rsquo;avril à juin, le mercure grimpe régulièrement au-dessus de 40 °C dans la journée, parfois bien davantage à Kaédi ou Sélibaby.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size">L&rsquo;hivernage (juillet à septembre)</h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-06d7ea2ee684 premium-text"><p class="premium-text-wrap">C&rsquo;est la grande saison des pluies sahélienne. Les précipitations annuelles, presque inexistantes au nord, atteignent ici 400 à 600 millimètres dans le sud, voire un peu plus dans l&rsquo;extrême sud-est. Les paysages se transforment : la savane reverdit, les oueds se remplissent, le fleuve entre en crue et déborde sur la plaine. La chaleur reste élevée, mais l&rsquo;humidité ambiante en modifie nettement la perception.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un fleuve, un peuple, une mémoire</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-65b168bbbedf premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le long du Sénégal vivent des communautés dont l&rsquo;histoire se mêle depuis des siècles : Peuls, Toucouleurs, Soninkés, Wolofs et communautés hassanophones partagent ces rives, leurs langues, leurs musiques et leurs cuisines. La vallée a été un grand foyer de civilisations agraires, traversée tour à tour par les empires du Ghana, du Tekrour, du Mali, puis par les comptoirs européens à partir du XVᵉ siècle.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-15847dc67072 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Aujourd&rsquo;hui encore, le fleuve reste un véritable trait d&rsquo;union : il est traversé chaque jour par les bacs et les pirogues à Rosso, observé depuis les berges de Kaédi, longé par les digues du Diawling avant de se perdre dans l&rsquo;océan à Saint-Louis.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le fleuve, vu du voyageur</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ffaf485f4dcf premium-text"><p class="premium-text-wrap">Pour qui découvre la Mauritanie, la vallée du Sénégal apporte une troisième dimension, complémentaire du désert et de l&rsquo;océan. C&rsquo;est la Mauritanie verte, agricole, métissée, où la savane succède au sable et où le bétail s&rsquo;abreuve à l&rsquo;ombre des acacias. C&rsquo;est aussi la porte naturelle vers l&rsquo;Afrique sub-saharienne : le franchissement du fleuve, à Rosso ou par le barrage de Diama, marque le passage du monde maure et saharien à celui des cultures ouest-africaines.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6e25888b673d premium-text"><p class="premium-text-wrap">Trois territoires, trois climats, trois ambiances : entre les dunes éternelles du Sahara, le grand large de l&rsquo;Atlantique et les rives fertiles du fleuve Sénégal, la Mauritanie offre au voyageur la chance peu commune de traverser, en un seul pays, plusieurs Afriques à la fois.</p></div>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/le-fleuve-senegal/">Le fleuve Sénégal</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1486</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La culture du voile et des tissus</title>
		<link>https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 18:44:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Batik]]></category>
		<category><![CDATA[fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[Guidimakha]]></category>
		<category><![CDATA[Indigo]]></category>
		<category><![CDATA[Kaédi]]></category>
		<category><![CDATA[Melhfas]]></category>
		<category><![CDATA[Sélibaby]]></category>
		<category><![CDATA[Sumpou]]></category>
		<category><![CDATA[Teinture]]></category>
		<category><![CDATA[WAX]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1488</guid>

					<description><![CDATA[<p>La melhfa, l&#8217;indigo et l&#8217;art mauritanien de teindre La melhfa, identité de la femme mauritanienne Un langage de couleurs et de matières La couleur, l&#8217;épaisseur et la manière de porter la melhfa racontent l&#8217;âge, le statut social et parfois l&#8217;humeur de la femme. Les jeunes filles s&#8217;initient avec l&#8217;etalab, un tissu fin et légèrement transparent, [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/">La culture du voile et des tissus</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La melhfa, l&rsquo;indigo et l&rsquo;art mauritanien de teindre</em></p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6da2d3474c4f premium-text"><p class="premium-text-wrap"><em>Si la Mauritanie a un visage, c&rsquo;est celui de ses femmes drapées dans la melhfa. Long ruban de coton aux couleurs vibrantes, ce voile traditionnel est bien plus qu&rsquo;un vêtement : c&rsquo;est une signature culturelle, un langage, et le support d&rsquo;un savoir-faire artisanal millénaire. Derrière chaque melhfa se cachent des siècles d&rsquo;histoire textile, des routes commerciales venues d&rsquo;Inde et d&rsquo;Indonésie, et des mains de teinturières qui transmettent leur art de mère en fille.</em></p></div>



<h2 class="wp-block-heading">La melhfa, identité de la femme mauritanienne</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-622246e21ac2 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Appelée melhfa (parfois écrit melfha, melafa ou meulfeu) ou encore dampé en hassanya et en pulaar, ce grand voile rectangulaire d&rsquo;environ 4 à 4,5 mètres de long sur 1,5 à 1,7 mètre de large s&rsquo;enroule autour du corps et de la tête, des épaules jusqu&rsquo;aux chevilles. Il est porté quotidiennement par la quasi-totalité des femmes mauritaniennes, et constitue, sans exagération, leur « uniforme officieux ».</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ad99afd66c96 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La melhfa n&rsquo;est pas un voile contraignant. À l&rsquo;inverse de certains vêtements religieux plus stricts, elle laisse une grande liberté à celle qui la porte : on peut couvrir le visage ou non, ajuster la transparence, exposer un bijou, jouer du drapé. L&rsquo;anthropologue Sophie Caratini la décrit joliment comme « le paravent qui permet l&rsquo;intimité » : elle protège sans enfermer.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Un langage de couleurs et de matières</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La couleur, l&rsquo;épaisseur et la manière de porter la melhfa racontent l&rsquo;âge, le statut social et parfois l&rsquo;humeur de la femme. Les jeunes filles s&rsquo;initient avec l&rsquo;etalab, un tissu fin et légèrement transparent, souvent rose ou clair pour les premières melhfas. En vieillissant, les femmes adoptent des tissus plus épais (e galith) et des couleurs plus profondes : noir, bleu marine, bordeaux. Une mariée portera le blanc immaculé, l&rsquo;ivoire, le doré ou des teintes solennelles ; pour une fête, on choisira au contraire les couleurs les plus vives, brodées, pailletées ou rebrodées de motifs.</p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-59195b372a6f premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les pièces les plus précieuses, brodées à la main et travaillées dans des tissus nobles, peuvent atteindre des prix considérables et constituer une part importante du trousseau d&rsquo;une jeune mariée.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le nila, ancêtre indigo de la melhfa</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-7f7ae8f7d36c premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le type de melhfa le plus emblématique et le plus ancien est le nila, parfois appelé « voile en guinée ». C&rsquo;est un tissu de coton épais teint à l&rsquo;indigo profond, presque noir, qui libère un résidu bleu sur la peau de celle qui le porte. Loin d&rsquo;être un défaut, ce dépôt indigo était autrefois recherché : il protégeait la peau du soleil et des tempêtes de sable, et constituait un signe distinctif d&rsquo;élégance.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-266169846e63 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le mot « nila » lui-même raconte une histoire : il vient du sanskrit nīla, qui signifie « bleu profond ». Ce terme est arrivé jusqu&rsquo;au Sahara par les routes commerciales de l&rsquo;Inde via le monde arabe – les Arabes l&rsquo;ont diffusé dans tout le Maghreb avec l&rsquo;article défini, an-nil, qui a donné l&rsquo;espagnol « añil » et le portugais « anil ». L&rsquo;indigo lui-même tire son nom du latin indicum, « venant d&rsquo;Inde », car c&rsquo;est de l&rsquo;Inde que les Grecs et les Romains importaient déjà cette teinture bleue dans l&rsquo;Antiquité.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-2e991b12d7af premium-text"><p class="premium-text-wrap">Jusqu&rsquo;au milieu du XXᵉ siècle, un rouleau de nila pouvait valoir, selon les sources, le prix d&rsquo;un dromadaire adulte. C&rsquo;était l&rsquo;un des plus beaux cadeaux qu&rsquo;un homme pouvait rapporter du souk à son épouse. Avec les grandes sécheresses des années 1970, la sédentarisation et l&rsquo;arrivée massive des tissus industriels, le nila a peu à peu cédé la place à des étoffes plus légères, mais il reste aujourd&rsquo;hui un symbole d&rsquo;authenticité, particulièrement apprécié des femmes âgées et porté lors des grandes occasions.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art de la teinture : un savoir-faire millénaire</h2>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Teintures et couleurs</em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-9838e21394ee premium-text"><p class="premium-text-wrap">La teinture est l&rsquo;une des plus anciennes activités artisanales du sud mauritanien. Elle remonte à l&rsquo;apogée de l&#8217;empire du Ghana, autour des Xᵉ et XIᵉ siècles. À l&rsquo;origine, ce sont les femmes soninkés qui en perpétuent les secrets : le mot pour « teinture » dans leur langue, gara, est encore associé à l&rsquo;identité culturelle de tout un peuple. Le bleu profond obtenu à partir de l&rsquo;indigotier (Indigofera tinctoria) est devenu un véritable « bleu d&rsquo;Afrique ».</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ddf67f991052 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La technique traditionnelle est exigeante. Les feuilles de l&rsquo;indigotier sont récoltées, pilées, mises en boules et séchées. On les émiette ensuite dans de l&rsquo;eau, on y ajoute des racines fermentées et parfois de la cendre de bois, puis on laisse macérer plusieurs jours. Le tissu, plongé dans la cuve, en sort jaune verdâtre et bleuit progressivement au contact de l&rsquo;air, par oxydation. Plusieurs trempages successifs permettent d&rsquo;obtenir des nuances allant du bleu pâle au noir presque profond. Pour les voiles les plus précieux, le tissu est ensuite battu au maillet pour faire pénétrer la poudre d&rsquo;indigo et lui donner cet aspect lustré, presque métallique, caractéristique des étoffes nobles.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Kaédi, capitale historique de la teinture</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans toute la sous-région, lorsqu&rsquo;on évoque la teinture mauritanienne, un nom revient sans cesse : Kaédi, capitale du Gorgol, dans la vallée du fleuve. C&rsquo;est là que se concentre depuis des siècles le savoir-faire des teinturières, dont la dextérité et la qualité des réalisations sont réputées jusqu&rsquo;au Niger et au Tchad. Sélibaby, dans le Guidimakha, est également un grand foyer de cette tradition. Plus récemment, Nouakchott s&rsquo;est imposée comme un second pôle, où les teinturières (peules, soninkés et maures réunies) se distinguent par leur créativité et leur sens des couleurs et des motifs.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em><em>Les techniques de réserve : ligature, cire, salade</em></em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-572b7a15aa09 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les motifs si reconnaissables des melhfas mauritaniennes sont obtenus par diverses techniques de réserve, qui empêchent localement la teinture de pénétrer le tissu. La ligature consiste à coudre ou ficeler le voile en certains points avant de le plonger dans le bain : une fois sec, on retire les fils et un dessin apparaît en blanc. La technique à la cire reprend le principe du batik : un tampon trempé dans la cire est pressé sur le tissu pour dessiner des motifs en négatif, puis le voile est trempé dans la teinture. Enfin, la technique dite « salade » consiste à froisser le tissu humide au sol et à l&rsquo;arroser inégalement de teinture à l&rsquo;aide d&rsquo;une petite théière, créant un effet marbré et imprévisible. Chaque motif a son nom, sa signification, et chaque atelier garde jalousement ses recettes.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em><em>Du naturel à l&rsquo;industriel</em></em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-4cc27591d97b premium-text"><p class="premium-text-wrap">Si la teinture à l&rsquo;indigo végétal a longtemps été la norme, elle a fortement reculé après les sécheresses du XXᵉ siècle, qui ont fait disparaître une grande partie des indigotiers sauvages. Aujourd&rsquo;hui, la majorité des teinturières mauritaniennes travaillent sur des tissus de coton importés et utilisent surtout des colorants synthétiques, qui offrent une palette beaucoup plus large. Quelques coopératives, comme Sumpou, perpétuent toutefois les savoirs anciens et tentent de relancer l&rsquo;usage des teintures naturelles.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Les multiples visages de la melhfa</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-453b1ba77a9c premium-text"><p class="premium-text-wrap">Aux côtés du nila historique, la melhfa contemporaine se décline en de nombreuses variantes, dont les noms évoquent la diversité des inspirations textiles : le msaibiq, la gaze, le ronag, le sari (clin d&rsquo;œil aux étoffes indiennes), la naksha brodée, sans oublier les melhfas en tissu wax.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le wax : un voyage entre Indonésie, Europe et Afrique</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ce9937d0e8ba premium-text"><p class="premium-text-wrap">Aux côtés du voile traditionnel, le wax occupe désormais une place importante dans la garde-robe ouest-africaine et, par ricochet, dans certaines melhfas mauritaniennes. Son histoire est, à elle seule, un voyage à travers les continents.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6ce1e821e665 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Tout commence à Java, en Indonésie, avec le batik – cette technique ancestrale d&rsquo;impression à la cire chaude, inscrite depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;UNESCO. Au XIXᵉ siècle, les Pays-Bas, alors puissance coloniale aux Indes orientales, cherchent à mécaniser ce savoir-faire pour vendre des batiks industriels moins chers sur le marché indonésien. Échec commercial : les Indonésiens jugent ces tissus imparfaits, marqués de craquelures et d&rsquo;irrégularités.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-773c93ef2e5f premium-text"><p class="premium-text-wrap">C&rsquo;est en Afrique de l&rsquo;Ouest, et plus précisément sur la Côte-de-l&rsquo;Or (l&rsquo;actuel Ghana), que ces étoffes invendues vont rencontrer leur public. Des soldats ghanéens enrôlés par les Néerlandais à Java rapportent des batiks chez eux ; les missionnaires diffusent la machine à coudre ; et les irrégularités du wax, loin d&rsquo;être un défaut, sont perçues comme un gage d&rsquo;authenticité. Le succès est immédiat. La société néerlandaise Vlisco, fondée en 1846, devient le grand fabricant historique du wax « hollandais », encore aujourd&rsquo;hui considéré comme la référence du genre.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-02eb08991882 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Avec l&rsquo;indépendance des pays africains dans les années 1960, le président ghanéen Kwame Nkrumah brise le monopole européen en imposant des droits de douane élevés et en faisant ouvrir les premières usines de wax sur le sol africain. Suivront la Côte d&rsquo;Ivoire (Uniwax), le Sénégal (Sotiba, Simpafric), le Bénin (Sobetex), le Niger, le Mali, le Cameroun. Plus récemment, des fabricants chinois sont entrés sur le marché à des prix très inférieurs, et l&rsquo;on trouve désormais aussi du wax produit en Inde et en Angleterre. Selon son origine et sa qualité, on distingue le wax hollandais (le plus prestigieux), le superwax, le wax africain et le wax chinois.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-51fec223cda5 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Au-delà de la chaîne de production, le wax est un véritable langage : ses motifs portent des noms, racontent des proverbes, célèbrent des événements politiques ou sociaux, transmettent des messages parfois codés entre femmes. Adopté à travers toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, il a aussi trouvé sa place dans l&rsquo;élégance mauritanienne, en complément de la melhfa traditionnelle.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un patrimoine vivant</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ec0a7356a010 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Du nila ancestral au wax contemporain, en passant par les voiles brodés des grandes occasions, la culture mauritanienne du tissu est un dialogue permanent entre traditions sahariennes, héritages ouest-africains et influences venues de l&rsquo;océan Indien. Pour le visiteur, parcourir un marché de teinturières à Kaédi, choisir une melhfa au marché Capitale de Nouakchott ou regarder une mariée se draper de sa nila n&rsquo;est pas un simple geste touristique : c&rsquo;est entrer, le temps d&rsquo;un instant, dans une histoire textile qui relie l&rsquo;Inde à l&rsquo;Atlantique et le Xᵉ siècle au XXIᵉ.</p></div>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/">La culture du voile et des tissus</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1488</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
