<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Culture Archives &#8902; Trarza Tour</title>
	<atom:link href="https://trarza-tour.com/category/culture/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://trarza-tour.com/category/culture/</link>
	<description>Voyager en Mauritanie</description>
	<lastBuildDate>Mon, 21 Sep 2026 11:23:30 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.2</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/trarza-tour.com/wp-content/uploads/2026/02/favicon-bleusurfondblanc.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>Culture Archives &#8902; Trarza Tour</title>
	<link>https://trarza-tour.com/category/culture/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">254758537</site>	<item>
		<title>L&#8217;art de l&#8217;écrit : la littérature en Mauritanie</title>
		<link>https://trarza-tour.com/lart-de-lecrit-la-litterature-en-mauritanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1589</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le pays d&#8217;un million de poètes En Mauritanie, on dit volontiers que chaque famille compte un poète. Ce n&#8217;est pas une formule. Dans une société longtemps nomade, où l&#8217;on ne transportait ni bibliothèque ni archives, la langue était le seul bagage qui ne pesait rien. On a donc appris à composer en marchant, à réciter [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/lart-de-lecrit-la-litterature-en-mauritanie/">L&rsquo;art de l&rsquo;écrit : la littérature en Mauritanie</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Le pays d&rsquo;un million de poètes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Mauritanie, on dit volontiers que chaque famille compte un poète. Ce n&rsquo;est pas une formule. Dans une société longtemps nomade, où l&rsquo;on ne transportait ni bibliothèque ni archives, la langue était le seul bagage qui ne pesait rien. On a donc appris à composer en marchant, à réciter au coin du feu, à transmettre par la voix ce que d&rsquo;autres confient au papier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole a sa forme la plus haute dans le <strong>T&rsquo;heydinn</strong>, la grande épopée chantée des communautés hassanophones, qui célèbre les hauts faits des émirs et les valeurs de la société traditionnelle. Portée par les griots, à la frontière exacte du poème et de la musique, elle est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;humanité par l&rsquo;UNESCO, sur la liste des traditions menacées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chinguetti, la ville qui a choisi les livres</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vint l&rsquo;écrit, et il prit ici une forme unique au monde. À Chinguetti, à Ouadane, à Oualata, les grandes familles ont constitué au fil des siècles des bibliothèques privées où s&rsquo;entassent des manuscrits de droit, d&rsquo;astronomie, de mathématiques, de grammaire et de poésie, certains vieux de plusieurs siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces bibliothèques existent toujours. Elles sont tenues par les descendants de ceux qui les ont bâties, dans des maisons de pierre où le sable s&rsquo;invite chaque jour. Visiter Chinguetti sans y entrer, c&rsquo;est passer à côté de l&rsquo;essentiel : une ville du désert qui a fait de la connaissance sa raison d&rsquo;être, au point d&rsquo;être surnommée la ville des bibliothèques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Beyrouk, la voix mauritanienne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand nom de la littérature mauritanienne contemporaine s&rsquo;appelle <strong>Mbarek Ould Beyrouk</strong>. Né en 1957 à Atar, journaliste avant d&rsquo;être romancier, il a fondé en 1988 le premier journal indépendant du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2016, son roman <em>Le Tambour des larmes</em> reçoit le prix Ahmadou-Kourouma et le prix du roman métis des lycéens. Suivront <em>Je suis seul </em>(2018), couronné du prix Ahmed Baba de la littérature africaine, <em>Le Silence des horizons</em> (2021), finaliste du prix de la littérature arabe, puis <em>Saara </em>(2022). Son écriture, ample et poétique, raconte les mutations d&rsquo;une société prise entre la tente et la ville, entre la tradition et le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas seul. <strong>Moussa Ould Ebnou</strong>, professeur de philosophie formé à la Sorbonne, invente une science-fiction saharienne où l&rsquo;on voyage dans le temps. <strong>Aichetou Mint Ahmedou</strong> et <strong>Mariem Mint Derwich</strong> portent des voix de femmes fortes. <strong>Bios Diallo</strong>, poète et journaliste, a créé en 2010 le festival <strong>Traversées Mauritanides</strong>, qui fait tourner les écrivains dans les écoles, les universités et les librairies, de Nouakchott à Nouadhibou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la relève s&rsquo;écrit déjà : des professeurs du Lycée français Théodore Monod de Nouakchott ont réuni seize poètes d&rsquo;expression française dans une anthologie intitulée <em>Entre ciel et sable</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les livres à glisser dans votre valise</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le désert mauritanien a aussi inspiré quelques-unes des plus belles pages de la littérature de voyage française.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Odette du Puigaudeau</strong>, styliste chez Lanvin devenue ethnologue, débarque en 1934 avec son amie Marion Sénones et parcourt des milliers de kilomètres à dos de chameau, sur des pistes que les militaires eux-mêmes n&rsquo;osaient pas emprunter. Son récit, <em>Pieds nus à travers la Mauritanie</em>, reçoit le Grand Prix de l&rsquo;Académie française en 1936 et reste un classique absolu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Théodore Monod</strong>, le naturaliste qui a arpenté le Sahara pendant plus de soixante ans, fait sa première méharée en 1923, huit cents kilomètres à travers la Mauritanie occidentale. Ses carnets (<em>Méharées</em>, <em>Maxence au désert</em>) racontent un désert observé au ras du sol, avec une précision de savant et une âme de poète.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Saint-Exupéry</strong>, enfin, pilote de l&rsquo;Aéropostale sur cette côte, y a puisé le désert de <em>Terre des hommes</em> et celui du <em>Petit Prince</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin</h4>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mbarek_Ould_Beyrouk">Mbarek Ould Beyrouk, fiche Wikipédia</a> et <a href="https://elyzad.com/livres/collection-litterature/saara/">ses romans chez Elyzad</a></li>



<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_mauritanienne">Littérature mauritanienne, Wikipédia</a></li>



<li><a href="https://traversees-mauritanides.com/articles/afficher/147">L&rsquo;anthologie des dix-neuf écrivains mauritaniens, Traversées Mauritanides</a></li>



<li><a href="https://www.jeuneafrique.com/38818/culture/travers-es-mauritanides-les-mots-pour-le-lire/">Traversées Mauritanides, les mots pour le lire, Jeune Afrique</a></li>



<li><a href="https://traversees-mauritanides.com/articles/afficher/222">L&rsquo;anthologie Entre ciel et sable du Lycée français Théodore Monod</a></li>



<li><a href="https://wordswithoutborders.org/read/collection/may-2021-writing-from-mauritania/">Écrire depuis la Mauritanie, dossier Words Without Borders</a></li>



<li><a href="https://www.decitre.fr/livres/pieds-nus-a-travers-la-mauritanie-1933-1934-9782859409395.html">Pieds nus à travers la Mauritanie, Odette du Puigaudeau</a></li>



<li><a href="https://www.visionscarto.net/theodore-monod">Théodore Monod le Saharien, Visionscarto</a></li>
</ul>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/lart-de-lecrit-la-litterature-en-mauritanie/">L&rsquo;art de l&rsquo;écrit : la littérature en Mauritanie</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1589</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Le chant du désert, des griots aux stars d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
		<link>https://trarza-tour.com/la-musique-mauritanienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:57:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanien]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1586</guid>

					<description><![CDATA[<p>Regard sur la musique mauritanienne En Mauritanie, la musique n&#8217;est pas un décor, c&#8217;est une mémoire. Avant l&#8217;écriture, avant les routes, il y avait la voix des iggawin, les griots, gardiens des généalogies, des poèmes et des grandes histoires du pays. Aujourd&#8217;hui encore, aucun mariage, aucune fête ne se conçoit sans eux. Cette musique repose [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-musique-mauritanienne/">Le chant du désert, des griots aux stars d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Regard sur la musique mauritanienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Mauritanie, la musique n&rsquo;est pas un décor, c&rsquo;est une mémoire. Avant l&rsquo;écriture, avant les routes, il y avait la voix des iggawin, les griots, gardiens des généalogies, des poèmes et des grandes histoires du pays. Aujourd&rsquo;hui encore, aucun mariage, aucune fête ne se conçoit sans eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette musique repose sur deux instruments emblématiques, et la répartition est ancienne : les femmes jouent l&rsquo;ardin, une harpe à neuf cordes qui leur est réservée, les hommes jouent le tidinit, un luth au timbre profond. Le tout s&rsquo;organise autour de l&rsquo;azawan, le système modal traditionnel hassanophone, une succession de « voies » musicales qui colorent chaque morceau. Une écoute suffit pour comprendre pourquoi les critiques occidentaux parlent souvent de « blues du désert » à propos de la Mauritanie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les grandes voix qui ont ouvert la route</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dimi Mint Abba</strong> reste la figure absolue de la musique mauritanienne. De son vrai nom Loula Bent Siddaty Ould Abba, elle fut l&rsquo;une des premières artistes du pays à mener une carrière internationale, faisant découvrir au monde la culture des iggawin. Avec son mari Khalifa Ould Eide, elle signe plusieurs albums, dont Moorish Music from Mauritania, paru en 1990 sous le label britannique World Circuit. Elle s&rsquo;est éteinte en 2011 à Rabat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Malouma</strong>, surnommée « la diva rebelle du désert », a suivi une trajectoire singulière : joueuse d&rsquo;ardin, chanteuse, mais aussi sénatrice et voix engagée. Sa musique croise les répertoires hassanophones et ceux des communautés du fleuve (wolof, soninké), avec des albums internationaux comme Desert of Eden (1998) et Nour (2007).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Noura Mint Seymali, l&rsquo;héritière qui électrise la tradition</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Née à Nouakchott dans une grande lignée de griots, <strong>Noura Mint Seymali</strong> a commencé à treize ans comme choriste de sa belle-mère, Dimi Mint Abba. Sa grand-mère Mounina lui a transmis l&rsquo;ardin, son père Seymali Ould Ahmed Vall, formé en Irak, avait conçu le premier système de notation mélodique de la musique maure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec son mari et guitariste Jeiche Ould Chighaly, elle forme son groupe en 2004. L&rsquo;album Tzenni, sorti en 2014 chez le label allemand Glitterbeat, l&rsquo;installe sur la carte du monde, suivi d&rsquo;Arbina en 2016, puis de Yenbett en novembre 2025. Sa formule, l&rsquo;ardin et sa voix ample face à la guitare saturée de Jeiche, tourne aujourd&rsquo;hui en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Afrique, du globalFEST américain au Festival au Désert malien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La jeunesse a pris le micro</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Impossible de parler de musique mauritanienne aujourd&rsquo;hui sans parler du rap. Le mouvement s&rsquo;est structuré autour du <strong>festival Assalamalekoum</strong>, créé en 2008 à Nouakchott par le rappeur et producteur <strong>Monza</strong> (Kane Limam), un rendez-vous qui rassemble jusqu&rsquo;à 15 000 personnes et qui est devenu la vraie école du hip-hop mauritanien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De cette école est sorti <strong>BRMX</strong>, né en 1996 à Nouadhibou, révélé en 2018 en remportant l&rsquo;Assalamalekoum Découverte. En novembre 2024, il devient le premier artiste mauritanien à remplir le Stade olympique de Nouakchott pour son propre concert. Depuis, il enchaîne : le CICES de Dakar, Bruxelles et Paris avec l&rsquo;African Culture Festival, une invitation sur RFI, et un album, Martaba, sorti en mai 2026, chanté majoritairement en poular.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses côtés, toute une génération circule désormais entre Nouakchott, Dakar et l&rsquo;Europe : <strong>Bab&rsquo;s OG</strong>, <strong>Adviser</strong>, figure du rap peul suivie du Sénégal jusqu&rsquo;au Cameroun, <strong>Authentique BD</strong>, <strong>Soldier Hems</strong> et bien d&rsquo;autres.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin</h4>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.musicinafrica.net/fr/magazine/top-10-des-artistes-mauritaniens-les-plus-populaires">Top 10 des artistes mauritaniens les plus populaires, Music In Africa</a></li>



<li><a href="https://musicinafrica.net/fr/magazine/la-musique-rap-en-mauritanie/">La musique rap en Mauritanie, Music In Africa</a></li>



<li><a href="https://www.nouramintseymali.com/about">Noura Mint Seymali, site officiel</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noura_Mint_Seymali">sa fiche Wikipédia</a></li>



<li><a href="https://brmx.world/">BRMX, site officiel</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/BRMX">sa fiche Wikipédia</a></li>



<li><a href="https://rimweb.net/2026/06/10/avec-martaba-le-rappeur-brmx-porte-la-voix-dune-jeunesse-mauritanienne/">Avec Martaba, BRMX porte la voix d&rsquo;une jeunesse mauritanienne, Rimweb</a></li>



<li><a href="https://www.jeuneafrique.com/134650/culture/mauritanie-monza-un-flow-tr-s-cash/">Monza, un flow très cash, Jeune Afrique</a></li>



<li><a href="https://mondafrique.com/loisirs-culture/african-culture-festival-cap-sur-le-hip-hop-mauritanien/">African Culture Festival, cap sur le hip-hop mauritanien, Mondafrique</a></li>
</ul>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-musique-mauritanienne/">Le chant du désert, des griots aux stars d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1586</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Perles, bijoux et bois sculpté</title>
		<link>https://trarza-tour.com/perles-bijoux-et-bois-sculpte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 19:32:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Assaba]]></category>
		<category><![CDATA[Boghé]]></category>
		<category><![CDATA[Bois]]></category>
		<category><![CDATA[Bracelets]]></category>
		<category><![CDATA[Cuir]]></category>
		<category><![CDATA[Forge]]></category>
		<category><![CDATA[Kiffa]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanien]]></category>
		<category><![CDATA[Mederdra]]></category>
		<category><![CDATA[Perles]]></category>
		<category><![CDATA[Verre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1505</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;artisanat mauritanien, entre forge, verre filé et cuir ouvragé Une organisation traditionnelle des métiers Les perles de Kiffa : un trésor unique au monde Une recette presque magique Les perles de coquillage et autres parures L&#8217;art du métal Le bois sculpté : Mederdra et la vallée du fleuve Medreda Les objets de la vie nomade [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/perles-bijoux-et-bois-sculpte/">Perles, bijoux et bois sculpté</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;artisanat mauritanien, entre forge, verre filé et cuir ouvragé</em></p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6a65294fbefd premium-text"><p class="premium-text-wrap"><em>À côté de l&rsquo;art du voile, la Mauritanie cultive un autre patrimoine d&rsquo;exception : celui des objets façonnés à la main, dans les forges de l&rsquo;argent, les ateliers des perlières et les échoppes des sculpteurs sur bois. Bracelets de chevilles ciselés, perles de verre filé aux couleurs vibrantes, coffres sahariens incrustés de cuir, parures de coquillages fossilisés : chaque objet raconte une région, un métier, une cérémonie ou une légende.</em></p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Une organisation traditionnelle des métiers</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-31f715750eed premium-text"><p class="premium-text-wrap">Dans la société mauritanienne, le travail artisanal est traditionnellement réparti selon les métiers et selon les femmes et les hommes. Les hommes, et notamment les forgerons appelés mâlemine, s&rsquo;occupent des métaux et du bois : ils sont à la fois bijoutiers, sculpteurs, fabricants d&rsquo;armes, de portes et de mobilier. Les femmes prennent en charge les arts du fil et de la peau : tissage, teinture, maroquinerie souple, fabrication des perles. Cette répartition, encore lisible aujourd&rsquo;hui, explique la diversité des techniques que l&rsquo;on peut découvrir d&rsquo;une région à l&rsquo;autre.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Les perles de Kiffa : un trésor unique au monde</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-75eba3a404d4 premium-text"><p class="premium-text-wrap">S&rsquo;il est un objet emblématique de l&rsquo;artisanat mauritanien, c&rsquo;est bien la perle de Kiffa. Fabriquée par les femmes de la région de l&rsquo;Assaba, dans le sud-est du pays, et plus secondairement à Oualata, elle est si singulière qu&rsquo;elle a fait l&rsquo;objet d&rsquo;études internationales et qu&rsquo;on en parle aujourd&rsquo;hui dans le cercle restreint des perles d&rsquo;art.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Une recette presque magique</em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-7fa33b6604cb premium-text"><p class="premium-text-wrap">La perle de Kiffa naît d&rsquo;un mélange étonnant : de la poudre de verre obtenue en pilant des perles anciennes ou des bouteilles, un peu de salive, et de la gomme arabique. Cette pâte est façonnée à la main sur un petit bâti en croix, puis lissée, séchée et décorée à l&rsquo;aide d&rsquo;une fine aiguille avec lesquelles la perlière dépose, point par point, des poudres de verre coloré. La perle est ensuite cuite au feu de bois ou de braise.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-575c4071155f premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le résultat ressemble à de la micro-mosaïque : zigzags, triangles, croix, cercles concentriques s&rsquo;entremêlent dans des couleurs vives. Chaque motif a un sens. Les zigzags représentent le chemin de la vie ; les cercles rouges, l&rsquo;amour ; les jaunes, le soleil ; les verts, l&rsquo;espérance ; les bleus, la bénédiction du ciel ; le gris symbolise la bonne santé. La perle de Kiffa n&rsquo;est pas un simple bijou : elle est un talisman, censé éloigner le mauvais œil et porter chance à celle qui la porte.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-7fc205046d6c premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les perles de Kiffa anciennes (celles fabriquées avant les années 1960) sont aujourd&rsquo;hui très recherchées par les collectionneurs et atteignent des prix élevés sur le marché international. La technique, longtemps menacée de disparaître, est aujourd&rsquo;hui défendue par quelques artisanes et coopératives qui forment de nouvelles générations de perlières.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Les perles de coquillage et autres parures</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-3157f29562ac premium-text"><p class="premium-text-wrap">Sur le littoral, un autre type de perle est confectionné à partir d&rsquo;arca senilis, un coquillage fossilisé que la mer a déposé voilà environ 40 000 ans, lorsque l&rsquo;Atlantique reculait au pied du Sahara. Les artisans le découpent, le gravent et le polissent entièrement à la main pour produire de fines perles couleur ivoire ou nacre. Les femmes les portent en colliers, mais aussi cousues dans leur chevelure lors des rituels de mariage, comme symbole de fertilité.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-0ab6e7c951e7 premium-text"><p class="premium-text-wrap">À ces perles s&rsquo;ajoutent les boules d&rsquo;ambre, parfois véritables, parfois imitations de copal ou de résine, ainsi que des perles d&rsquo;agate et de cornaline héritées du commerce trans-saharien. Une parure traditionnelle peut associer plusieurs de ces éléments en alternance, le tout monté sur fil ou enfilé entre des perles d&rsquo;argent.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">L&rsquo;art du métal</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-73a2d7a0cdce premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les forgerons mauritaniens jouissent depuis des siècles d&rsquo;une réputation enviable pour leur travail de l&rsquo;argent. Ils produisent une bijouterie riche et codifiée : lourds bracelets de chevilles ornés de motifs apotropaïques, censés protéger des dangers du sol ; bracelets de poignets à côtes, sertis de minuscules torsades et de boules d&rsquo;argent soudées ; bracelets sarakollés torsadés, hérités de la tradition soninké.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-f477bbb1fdbf premium-text"><p class="premium-text-wrap">Une particularité mauritanienne, devenue presque une signature, est l&rsquo;incrustation de filigranes d&rsquo;argent ou de bronze dans la corne, l&rsquo;ébène ou le bois précieux. Le contraste entre la matière sombre et le métal clair donne à ces bijoux une élégance immédiatement reconnaissable. Les bagues, pendentifs et boucles d&rsquo;oreilles sont souvent gravés de motifs géométriques inspirés des falaises de l&rsquo;Adrar ou de l&rsquo;écriture arabe.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-b226145fae70 premium-text"><p class="premium-text-wrap">À côté des parures du quotidien, l&rsquo;artisanat des cérémonies se distingue par les fameuses « croix » mauritaniennes : croix de Boutilimit, croix du Trarza, et surtout croix de Mederdra, dont chaque modèle correspond à une région ou à un émirat. Ces croix, malgré leur nom, n&rsquo;ont pas de signification religieuse chrétienne : ce sont des pendentifs et amulettes traditionnels, transmis dans les familles.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Le bois sculpté : Mederdra et la vallée du fleuve</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-8dd65b0c8b2a premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le travail du bois est l&rsquo;autre grande spécialité masculine. Deux régions s&rsquo;imposent : Mederdra, dans le Trarza, et la vallée du fleuve Sénégal, autour de Kaédi et de Boghé.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Medreda</em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-7e6ee42beee8 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Mederdra, ancien foyer de l&rsquo;émirat des Trarza, est célèbre dans toute la Mauritanie pour son artisanat unique. On y fabrique encore les fameux coffres de Mederdra (meubles de voyage en bois clouté, doublés de cuir et richement ouvragés), ainsi que les croix de Mederdra, des pipes, des tabatières, des coussins de cuir et toutes sortes de petits objets en bois finement travaillés. Située à environ deux heures de Nouakchott, sur une dune de sable blond, Mederdra reste l&rsquo;une des destinations privilégiées pour découvrir cet artisanat sur place.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Les objets de la vie nomade</em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-bd65528fd271 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le bois sahraoui répond à un mode de vie nomade qui exige des objets à la fois beaux, robustes et transportables. Le plus emblématique est sans doute l&rsquo;amsàqqab : une élégante table-porte-bagages aux pieds très ouvragés, qui servait à la fois de meuble dans la tente et de palanquin sur le dos du dromadaire. À cela s&rsquo;ajoutent les portes sculptées, les loquets travaillés, les peignes, les chapelets, les bâtonnets du sig (un jeu traditionnel), et les alluha, ces planches coraniques de bois sur lesquelles les enfants apprennent à écrire les versets à l&rsquo;encre noire.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-61cb775a5ffb premium-text"><p class="premium-text-wrap">Dans les régions de Kaédi et de Boghé, on fabrique enfin les fameux mortiers et bols de bois utilisés pour servir le zrig, cette boisson désaltérante à base de lait de chèvre ou de chamelle fermenté, emblématique de l&rsquo;hospitalité mauritanienne.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Le cuir et la maroquinerie</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-03d2e6757ca8 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La vallée du fleuve est aussi le grand foyer du travail du cuir. Les artisans tannent les peaux de chèvre et de mouton, puis les teignent et les ouvragent pour confectionner des coussins, des sacs, des étuis, des fourreaux d&rsquo;épée, et toute une gamme de petits objets décoratifs. Les coffres de Mederdra eux-mêmes associent un travail du bois et du cuir, le second venant doubler ou habiller le premier de motifs géométriques colorés.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-3c3797e39dc2 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Cette tradition rejoint celle de la maroquinerie touarègue et sahraouie, avec laquelle elle partage de nombreux motifs : excisions du grain pour faire ressortir les dessins en clair, broderies au fil de cuir, contrastes entre noir, rouge, vert et jaune.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Où voir et acheter ?</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-24826951a6cd premium-text"><p class="premium-text-wrap">À Nouakchott, le Marché Capitale et le marché aux artisans permettent de découvrir, dans une même journée, presque tout le panorama de l&rsquo;artisanat mauritanien : perles de Kiffa, bijoux d&rsquo;argent, coffres de Mederdra, voiles teints, parures de coquillages. Mais c&rsquo;est en province que l&rsquo;on saisit la profondeur de ces savoir-faire : à Kiffa pour rencontrer les perlières, à Mederdra pour voir naître les coffres et les croix, à Kaédi pour assister à la teinture des voiles, à Atar et Chinguetti pour les bijoux d&rsquo;inspiration saharienne.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-bbe61c5bef46 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Acheter une pièce d&rsquo;artisanat mauritanien n&rsquo;est pas seulement rapporter un objet : c&rsquo;est emporter avec soi un fragment d&rsquo;une histoire qui mêle forges sahariennes, routes de l&rsquo;or et du sel, métiers à tisser, perlières et tanneuses. Une histoire qui, malgré les vents de la modernité, continue de souffler sur les ateliers du désert et du fleuve.</p></div>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/perles-bijoux-et-bois-sculpte/">Perles, bijoux et bois sculpté</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1505</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La culture du voile et des tissus</title>
		<link>https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[MYTRARZA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 18:44:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Batik]]></category>
		<category><![CDATA[fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[Guidimakha]]></category>
		<category><![CDATA[Indigo]]></category>
		<category><![CDATA[Kaédi]]></category>
		<category><![CDATA[Melhfas]]></category>
		<category><![CDATA[Sélibaby]]></category>
		<category><![CDATA[Sumpou]]></category>
		<category><![CDATA[Teinture]]></category>
		<category><![CDATA[WAX]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://trarza-tour.com/?p=1488</guid>

					<description><![CDATA[<p>La melhfa, l&#8217;indigo et l&#8217;art mauritanien de teindre La melhfa, identité de la femme mauritanienne Un langage de couleurs et de matières La couleur, l&#8217;épaisseur et la manière de porter la melhfa racontent l&#8217;âge, le statut social et parfois l&#8217;humeur de la femme. Les jeunes filles s&#8217;initient avec l&#8217;etalab, un tissu fin et légèrement transparent, [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/">La culture du voile et des tissus</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La melhfa, l&rsquo;indigo et l&rsquo;art mauritanien de teindre</em></p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6da2d3474c4f premium-text"><p class="premium-text-wrap"><em>Si la Mauritanie a un visage, c&rsquo;est celui de ses femmes drapées dans la melhfa. Long ruban de coton aux couleurs vibrantes, ce voile traditionnel est bien plus qu&rsquo;un vêtement : c&rsquo;est une signature culturelle, un langage, et le support d&rsquo;un savoir-faire artisanal millénaire. Derrière chaque melhfa se cachent des siècles d&rsquo;histoire textile, des routes commerciales venues d&rsquo;Inde et d&rsquo;Indonésie, et des mains de teinturières qui transmettent leur art de mère en fille.</em></p></div>



<h2 class="wp-block-heading">La melhfa, identité de la femme mauritanienne</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-622246e21ac2 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Appelée melhfa (parfois écrit melfha, melafa ou meulfeu) ou encore dampé en hassanya et en pulaar, ce grand voile rectangulaire d&rsquo;environ 4 à 4,5 mètres de long sur 1,5 à 1,7 mètre de large s&rsquo;enroule autour du corps et de la tête, des épaules jusqu&rsquo;aux chevilles. Il est porté quotidiennement par la quasi-totalité des femmes mauritaniennes, et constitue, sans exagération, leur « uniforme officieux ».</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ad99afd66c96 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La melhfa n&rsquo;est pas un voile contraignant. À l&rsquo;inverse de certains vêtements religieux plus stricts, elle laisse une grande liberté à celle qui la porte : on peut couvrir le visage ou non, ajuster la transparence, exposer un bijou, jouer du drapé. L&rsquo;anthropologue Sophie Caratini la décrit joliment comme « le paravent qui permet l&rsquo;intimité » : elle protège sans enfermer.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Un langage de couleurs et de matières</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La couleur, l&rsquo;épaisseur et la manière de porter la melhfa racontent l&rsquo;âge, le statut social et parfois l&rsquo;humeur de la femme. Les jeunes filles s&rsquo;initient avec l&rsquo;etalab, un tissu fin et légèrement transparent, souvent rose ou clair pour les premières melhfas. En vieillissant, les femmes adoptent des tissus plus épais (e galith) et des couleurs plus profondes : noir, bleu marine, bordeaux. Une mariée portera le blanc immaculé, l&rsquo;ivoire, le doré ou des teintes solennelles ; pour une fête, on choisira au contraire les couleurs les plus vives, brodées, pailletées ou rebrodées de motifs.</p>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-59195b372a6f premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les pièces les plus précieuses, brodées à la main et travaillées dans des tissus nobles, peuvent atteindre des prix considérables et constituer une part importante du trousseau d&rsquo;une jeune mariée.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le nila, ancêtre indigo de la melhfa</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-7f7ae8f7d36c premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le type de melhfa le plus emblématique et le plus ancien est le nila, parfois appelé « voile en guinée ». C&rsquo;est un tissu de coton épais teint à l&rsquo;indigo profond, presque noir, qui libère un résidu bleu sur la peau de celle qui le porte. Loin d&rsquo;être un défaut, ce dépôt indigo était autrefois recherché : il protégeait la peau du soleil et des tempêtes de sable, et constituait un signe distinctif d&rsquo;élégance.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-266169846e63 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Le mot « nila » lui-même raconte une histoire : il vient du sanskrit nīla, qui signifie « bleu profond ». Ce terme est arrivé jusqu&rsquo;au Sahara par les routes commerciales de l&rsquo;Inde via le monde arabe – les Arabes l&rsquo;ont diffusé dans tout le Maghreb avec l&rsquo;article défini, an-nil, qui a donné l&rsquo;espagnol « añil » et le portugais « anil ». L&rsquo;indigo lui-même tire son nom du latin indicum, « venant d&rsquo;Inde », car c&rsquo;est de l&rsquo;Inde que les Grecs et les Romains importaient déjà cette teinture bleue dans l&rsquo;Antiquité.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-2e991b12d7af premium-text"><p class="premium-text-wrap">Jusqu&rsquo;au milieu du XXᵉ siècle, un rouleau de nila pouvait valoir, selon les sources, le prix d&rsquo;un dromadaire adulte. C&rsquo;était l&rsquo;un des plus beaux cadeaux qu&rsquo;un homme pouvait rapporter du souk à son épouse. Avec les grandes sécheresses des années 1970, la sédentarisation et l&rsquo;arrivée massive des tissus industriels, le nila a peu à peu cédé la place à des étoffes plus légères, mais il reste aujourd&rsquo;hui un symbole d&rsquo;authenticité, particulièrement apprécié des femmes âgées et porté lors des grandes occasions.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art de la teinture : un savoir-faire millénaire</h2>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Teintures et couleurs</em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-9838e21394ee premium-text"><p class="premium-text-wrap">La teinture est l&rsquo;une des plus anciennes activités artisanales du sud mauritanien. Elle remonte à l&rsquo;apogée de l&#8217;empire du Ghana, autour des Xᵉ et XIᵉ siècles. À l&rsquo;origine, ce sont les femmes soninkés qui en perpétuent les secrets : le mot pour « teinture » dans leur langue, gara, est encore associé à l&rsquo;identité culturelle de tout un peuple. Le bleu profond obtenu à partir de l&rsquo;indigotier (Indigofera tinctoria) est devenu un véritable « bleu d&rsquo;Afrique ».</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ddf67f991052 premium-text"><p class="premium-text-wrap">La technique traditionnelle est exigeante. Les feuilles de l&rsquo;indigotier sont récoltées, pilées, mises en boules et séchées. On les émiette ensuite dans de l&rsquo;eau, on y ajoute des racines fermentées et parfois de la cendre de bois, puis on laisse macérer plusieurs jours. Le tissu, plongé dans la cuve, en sort jaune verdâtre et bleuit progressivement au contact de l&rsquo;air, par oxydation. Plusieurs trempages successifs permettent d&rsquo;obtenir des nuances allant du bleu pâle au noir presque profond. Pour les voiles les plus précieux, le tissu est ensuite battu au maillet pour faire pénétrer la poudre d&rsquo;indigo et lui donner cet aspect lustré, presque métallique, caractéristique des étoffes nobles.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em>Kaédi, capitale historique de la teinture</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans toute la sous-région, lorsqu&rsquo;on évoque la teinture mauritanienne, un nom revient sans cesse : Kaédi, capitale du Gorgol, dans la vallée du fleuve. C&rsquo;est là que se concentre depuis des siècles le savoir-faire des teinturières, dont la dextérité et la qualité des réalisations sont réputées jusqu&rsquo;au Niger et au Tchad. Sélibaby, dans le Guidimakha, est également un grand foyer de cette tradition. Plus récemment, Nouakchott s&rsquo;est imposée comme un second pôle, où les teinturières (peules, soninkés et maures réunies) se distinguent par leur créativité et leur sens des couleurs et des motifs.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em><em>Les techniques de réserve : ligature, cire, salade</em></em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-572b7a15aa09 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Les motifs si reconnaissables des melhfas mauritaniennes sont obtenus par diverses techniques de réserve, qui empêchent localement la teinture de pénétrer le tissu. La ligature consiste à coudre ou ficeler le voile en certains points avant de le plonger dans le bain : une fois sec, on retire les fils et un dessin apparaît en blanc. La technique à la cire reprend le principe du batik : un tampon trempé dans la cire est pressé sur le tissu pour dessiner des motifs en négatif, puis le voile est trempé dans la teinture. Enfin, la technique dite « salade » consiste à froisser le tissu humide au sol et à l&rsquo;arroser inégalement de teinture à l&rsquo;aide d&rsquo;une petite théière, créant un effet marbré et imprévisible. Chaque motif a son nom, sa signification, et chaque atelier garde jalousement ses recettes.</p></div>



<h3 class="wp-block-heading has-base-font-size"><em><em>Du naturel à l&rsquo;industriel</em></em></h3>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-4cc27591d97b premium-text"><p class="premium-text-wrap">Si la teinture à l&rsquo;indigo végétal a longtemps été la norme, elle a fortement reculé après les sécheresses du XXᵉ siècle, qui ont fait disparaître une grande partie des indigotiers sauvages. Aujourd&rsquo;hui, la majorité des teinturières mauritaniennes travaillent sur des tissus de coton importés et utilisent surtout des colorants synthétiques, qui offrent une palette beaucoup plus large. Quelques coopératives, comme Sumpou, perpétuent toutefois les savoirs anciens et tentent de relancer l&rsquo;usage des teintures naturelles.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Les multiples visages de la melhfa</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-453b1ba77a9c premium-text"><p class="premium-text-wrap">Aux côtés du nila historique, la melhfa contemporaine se décline en de nombreuses variantes, dont les noms évoquent la diversité des inspirations textiles : le msaibiq, la gaze, le ronag, le sari (clin d&rsquo;œil aux étoffes indiennes), la naksha brodée, sans oublier les melhfas en tissu wax.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le wax : un voyage entre Indonésie, Europe et Afrique</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ce9937d0e8ba premium-text"><p class="premium-text-wrap">Aux côtés du voile traditionnel, le wax occupe désormais une place importante dans la garde-robe ouest-africaine et, par ricochet, dans certaines melhfas mauritaniennes. Son histoire est, à elle seule, un voyage à travers les continents.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-6ce1e821e665 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Tout commence à Java, en Indonésie, avec le batik – cette technique ancestrale d&rsquo;impression à la cire chaude, inscrite depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;UNESCO. Au XIXᵉ siècle, les Pays-Bas, alors puissance coloniale aux Indes orientales, cherchent à mécaniser ce savoir-faire pour vendre des batiks industriels moins chers sur le marché indonésien. Échec commercial : les Indonésiens jugent ces tissus imparfaits, marqués de craquelures et d&rsquo;irrégularités.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-773c93ef2e5f premium-text"><p class="premium-text-wrap">C&rsquo;est en Afrique de l&rsquo;Ouest, et plus précisément sur la Côte-de-l&rsquo;Or (l&rsquo;actuel Ghana), que ces étoffes invendues vont rencontrer leur public. Des soldats ghanéens enrôlés par les Néerlandais à Java rapportent des batiks chez eux ; les missionnaires diffusent la machine à coudre ; et les irrégularités du wax, loin d&rsquo;être un défaut, sont perçues comme un gage d&rsquo;authenticité. Le succès est immédiat. La société néerlandaise Vlisco, fondée en 1846, devient le grand fabricant historique du wax « hollandais », encore aujourd&rsquo;hui considéré comme la référence du genre.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-02eb08991882 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Avec l&rsquo;indépendance des pays africains dans les années 1960, le président ghanéen Kwame Nkrumah brise le monopole européen en imposant des droits de douane élevés et en faisant ouvrir les premières usines de wax sur le sol africain. Suivront la Côte d&rsquo;Ivoire (Uniwax), le Sénégal (Sotiba, Simpafric), le Bénin (Sobetex), le Niger, le Mali, le Cameroun. Plus récemment, des fabricants chinois sont entrés sur le marché à des prix très inférieurs, et l&rsquo;on trouve désormais aussi du wax produit en Inde et en Angleterre. Selon son origine et sa qualité, on distingue le wax hollandais (le plus prestigieux), le superwax, le wax africain et le wax chinois.</p></div>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-51fec223cda5 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Au-delà de la chaîne de production, le wax est un véritable langage : ses motifs portent des noms, racontent des proverbes, célèbrent des événements politiques ou sociaux, transmettent des messages parfois codés entre femmes. Adopté à travers toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, il a aussi trouvé sa place dans l&rsquo;élégance mauritanienne, en complément de la melhfa traditionnelle.</p></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un patrimoine vivant</h2>



<div class="wp-block-premium-text premium-text-ec0a7356a010 premium-text"><p class="premium-text-wrap">Du nila ancestral au wax contemporain, en passant par les voiles brodés des grandes occasions, la culture mauritanienne du tissu est un dialogue permanent entre traditions sahariennes, héritages ouest-africains et influences venues de l&rsquo;océan Indien. Pour le visiteur, parcourir un marché de teinturières à Kaédi, choisir une melhfa au marché Capitale de Nouakchott ou regarder une mariée se draper de sa nila n&rsquo;est pas un simple geste touristique : c&rsquo;est entrer, le temps d&rsquo;un instant, dans une histoire textile qui relie l&rsquo;Inde à l&rsquo;Atlantique et le Xᵉ siècle au XXIᵉ.</p></div>
<p>The post <a href="https://trarza-tour.com/la-culture-du-voile-et-des-tissus/">La culture du voile et des tissus</a> appeared first on <a href="https://trarza-tour.com">Trarza Tour</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1488</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
