Dessin en noir et blanc représentant Xavier Coppolani et le cheikh Sidya Baba

La Mauritanie

L’arrivée des Français : une colonisation tardive et résistée

La Mauritanie

L’arrivée des Français : une colonisation tardive et résistée

Dessin en noir et blanc représentant Xavier Coppolani et le cheikh Sidya Baba

La France connaît la côte mauritanienne depuis le XVIIe siècle – comptoirs de l’Île d’Arguin, commerce de la gomme arabique avec les émirats du Trarza et du Brakna. Mais ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que commence la véritable conquête de l’intérieur.

L’homme clé est Xavier Coppolani (1866-1905), administrateur d’origine corse, élevé en Algérie, arabophone et fin connaisseur des sociétés musulmanes. Le président Waldeck-Rousseau lui confie la mission de créer au « Sahara occidental » un territoire qui sera appelé la Mauritanie en 1904. Sa stratégie de « pénétration pacifique » repose sur l’alliance avec certains grands marabouts – Cheikh Sidya Baba en tête – contre les chefs guerriers récalcitrants.

Mais la résistance s’organise. Cheikh Ma al Aynin, fondateur de la cité spirituelle de Smara et soutenu par le sultan du Maroc, appelle au djihad contre l’occupation française. Le 12 mai 1905, Coppolani est assassiné à Tidjikja.

La conquête prend alors un visage militaire avec le colonel Henri Gouraud. En 1908, Gouraud capture Atar et obtient l’année suivante la soumission des peuples de l’Adrar ; en 1912, toute résistance dans l’Adrar et le sud de la Mauritanie était matée. La Mauritanie devient officiellement colonie en 1920, mais la « pacification » définitive ne sera réalisée qu’en 1934.

Sous l’AOF (Afrique-Occidentale Française), la Mauritanie reste un territoire marginal, administré depuis Saint-Louis du Sénégal jusqu’en 1957. Peu d’investissements, peu d’infrastructures : la France s’appuie surtout sur l’administration traditionnelle et les marabouts. Ce n’est qu’à la veille de l’indépendance que sortira des sables une nouvelle capitale : Nouakchott.

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