La culture mauritanienne, c’est d’abord un art de vivre — une élégance discrète tissée par mille ans de poésie, de musique, de calligraphie et d’hospitalité.
Une musique qui raconte le désert
La musique hassani repose sur un système modal sophistiqué appelé azawan, structuré en cinq voies (modes), chacune portant ses thèmes : guerre, amour, foi, éloge. Trois instruments l’incarnent : la tidinit (luth à quatre cordes joué par les hommes), l’ardîn (harpe-luth réservée aux femmes), et le t’beul (timbale). Les iggawen – griots maures – sont les gardiens vivants de ce répertoire et de la mémoire généalogique des grandes tribus. Côté Halpulaar’en, Soninkés et Wolofs, ce sont la kora, le hoddu, le xalam, le riti et le sabar qui font vibrer les cérémonies.
Une poésie comparable à celle des plus grands
La poésie hassani, transmise oralement, occupe une place comparable à celle de la grande poésie arabe classique. Joutes oratoires, improvisations sous la tente, éloges et satires : la parole, en Mauritanie, est un art majeur.
Le rituel du thé
Le thé à la menthe, servi en trois verres successifs (« le premier amer comme la vie, le deuxième doux comme l’amour, le troisième suave comme la mort »), est bien plus qu’une boisson. C’est un rite d’hospitalité, une école de patience et de conversation, où l’écume du thé bien battu est aussi importante que son goût.
L’artisanat, mémoire des mains
Tapis ras de Boutilimit, coffres en bois marquetés d’argent et de cuivre, bijoux d’argent ciselé, calebasses pyrogravées, broderies du sud, indigo des femmes peules. À Oualata, les femmes peignent encore les murs de leurs maisons selon une tradition séculaire de motifs géométriques ocre, blancs et noirs – les mêmes que l’on retrouve sur les mains au henné lors des mariages.
Le désert comme demeure intérieure
Plus qu’un décor, le Sahara structure l’imaginaire mauritanien : les ergs de Ouarane et Amatlich, les falaises de l’Adrar, la mer de sable de la Majâbat al-Koubra, et le célèbre Œil de Richat (cette structure géologique circulaire de 50 km de diamètre, visible depuis l’espace, parfois surnommée « l’œil de l’Afrique »).
