Dessin en noir et blanc de mauritaniens de différentes cultures

La Mauritanie

Le peuple mauritanien : une mosaïque humaine au cœur du Sahara

La Mauritanie

Le peuple mauritanien : une mosaïque humaine au cœur du Sahara

Dessin en noir et blanc de mauritaniens de différentes cultures

Si la Mauritanie est unique, c’est d’abord parce qu’elle est plurielle. Au confluent du monde arabo-berbère et de l’Afrique subsaharienne, elle abrite plusieurs grandes communautés qui, depuis des siècles, vivent ensemble sous le ciel saharien et partagent une même foi : l’islam sunnite de rite malékite.

Les Maures

Le pays est majoritairement peuplé par la communauté maure (environ 75 %), réunie par une même langue, le hassaniya, et un fonds culturel partagé. Elle rassemble des populations d’origine arabo-berbère ainsi que d’autres composantes façonnées par des siècles de vie commune au Sahara. La société maure traditionnelle s’organise autour de tribus maraboutiques (zwaya, vouées au savoir religieux), de tribus guerrières (hassan), d’artisans, de griots et de pasteurs.

Les Halpulaar’en : Peuls et Toucouleurs

Deuxième grande communauté du pays, les Halpulaar’en (« ceux qui parlent le pulaar ») sont les héritiers du Fouta Toro, vieille terre d’islam et de résistance. Les Toucouleurs, sédentaires, cultivent les terres fertiles du fleuve Sénégal ; les Peuls (Foulbé), pasteurs nomades, suivent leurs troupeaux à travers le Sahel. Leur tradition orale et leur poésie sont d’une richesse extraordinaire.

Les Soninkés : héritiers de Wagadou

Les Soninkés sont les descendants directs des bâtisseurs de l’Empire du Ghana. Cultivateurs sédentaires, ils peuplent principalement le Guidimakha et le Gorgol. Leur célèbre tradition migratoire fait de la diaspora soninkée l’une des plus actives d’Afrique de l’Ouest.

Les Wolofs et les autres communautés

Les Wolofs, installés sur la rive droite du fleuve Sénégal et dans le Trarza, partagent leur langue avec le Sénégal voisin. À Nouakchott et à Nouadhibou, le wolof est la deuxième langue parlée après le hassaniya. On compte aussi des Bambaras dans les Hodhs, des Sérères dans le sud, et les Imraguen — ces pêcheurs traditionnels du Banc d’Arguin qui pêchent encore le mulet en collaboration séculaire avec des dauphins sauvages.

Une vie organisée autour du désert et du fleuve

Pendant des siècles, la société mauritanienne s’est articulée autour de trois pôles : les campements nomades sous la khaïma (la tente), les oasis et cités caravanières comme Chinguetti, et les villages agricoles du fleuve. Les grandes sécheresses des années 1970-1980 ont précipité la sédentarisation : la population nomade ne représentait plus que 1,9 % de la population du pays en 2013.

Cette diversité humaine est l’âme de la Mauritanie. Elle s’entend dans la musique (tidinit maure, kora soninké, hoddu peul), se voit dans les costumes (boubou, voile malahfa), se goûte dans les cuisines, et s’écrit dans les centaines de livres et de poèmes qui, chaque jour, gardent vivante la mémoire d’un peuple aux mille visages.

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