Comment un mouvement religieux né dans le Sahara mauritanien a-t-il pu, en quelques décennies, conquérir le Maroc et l’Espagne musulmane ? L’aventure des Almoravides est l’une des plus extraordinaires de l’histoire africaine.
Le mouvement almoravide naît vers 1040 parmi les Lemtouna et les Juddala, tribus berbères sahariennes du grand groupe sanhadja qui nomadisaient entre le sud du Maroc et le fleuve Sénégal. Sous l’impulsion du prédicateur Abdallah Ibn Yassine et du chef Yahya Ibn Ibrahim, un ribat, couvent-forteresse à la fois école religieuse et caserne, est fondé. C’est de ce mot arabe (al-Murābitūn, « les gens du ribat ») que vient leur nom.
Le berceau exact du mouvement reste discuté : certaines sources évoquent l’île de Tidra, près de Nouadhibou, d’autres une île du fleuve Sénégal. Ce qui est certain, c’est que c’est dans l’Adrar mauritanien que ces moines-guerriers ont forgé leur force.
À partir de 1054, l’expansion est foudroyante : prise d’Azougui (Adrar), d’Aoudaghost, de Sijilmassa, fondation de Marrakech vers 1062, et sous le commandement de Youssef Ibn Tachfine, conquête de l’Andalousie après la victoire de Zalaca en 1086. L’empire almoravide s’étend alors du fleuve Sénégal aux rives de l’Èbre.
L’héritage almoravide est immense pour la Mauritanie : adoption généralisée du rite malékite, structuration des grandes confréries soufies, naissance des lignées maraboutiques – ces familles savantes qui, jusqu’à aujourd’hui, gardent vivante l’érudition islamique. Les mahadras, écoles itinérantes sous la tente, perpétuent un enseignement millénaire.
Pour aller plus loin :
Cet article reprend des informations tirées des sources suivantes
Wikipedia — Almoravides
Wikipedia — Abdallah Ibn Yasin
Encyclopædia Universalis — Mouvement almoravide
