Le 28 novembre 1960, dans un hangar à peine éclairé d’une petite ville de 5 000 habitants encore en chantier, un homme de 37 ans proclame l’indépendance de la République islamique de Mauritanie. Cet homme, c’est Moktar Ould Daddah, et la ville improvisée, c’est Nouakchott.
Au seuil de son indépendance, la Mauritanie avait tout à construire : l’État, l’unité nationale, l’économie. Moktar Ould Daddah, né à Boutilimit dans une famille maraboutique, premier bachelier mauritanien et avocat formé à Dakar et à Paris, va consacrer près de vingt ans à façonner ce pays improbable, rêvé comme un trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.
Ses grandes réalisations sont encore visibles aujourd’hui :
- – la fondation et l’édification de Nouakchott comme capitale ;
- – la nationalisation de la MIFERMA en 1974, devenue la SNIM (mines de fer de Zouérate) ;
- – la création de la monnaie nationale, l’ouguiya, en 1973 ;
- – l’adhésion à l’ONU dès 1961 et la cofondation de l’Organisation de l’unité africaine en 1963.
L’engagement dans la guerre du Sahara occidental aux côtés du Maroc, à partir de 1976, fragilise pourtant son régime. Le 10 juillet 1978, un coup d’État militaire le renverse. Commence alors une longue période d’instabilité qui ne s’apaisera vraiment qu’au début des années 2000 avec l’amorce d’une transition démocratique.
Moktar Ould Daddah s’éteint à Paris en 2003, après un long exil. Il reste, pour les Mauritaniens, le père de la nation.
Pour aller plus loin :
Cet article reprend des informations tirées des sources suivantes
Wikipedia — Moktar Ould Daddah
Jeune Afrique — Le premier président mauritanien
Encyclopædia Universalis — Biographie de Moktar Ould Daddah
